80 ou 90 km/h : deux visions de la route

La décision, annoncée lors du Comité interministériel de sécurité routière, a fait couler beaucoup d’encre et continue à alimenter la polémique. Une mesure qui sera applicable à partir du 1er juillet prochain. Chaque camp se fondant sur des logiques que nous vous proposons de découvrir.

AVANT TOUT : L’EXPÉRIMENTATION

Le principe, l’abaissement de 10 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparation (hormis les 2×2 voies), a été expérimenté de juillet 2015 à juillet 2017 sur 86 km de voies du nord-est, dans le Nièvre, la Haute-Saône et l’Yonne. Une expérimentation qualifiée de « positive » par le Premier ministre.

POUR L’ABAISSEMENT

L’argumentaire des « pro » repose sur une étude publiée en 1981 par un chercheur suédois, Göran Nilsson. Selon une formule, reposant entre autre sur la gravité des accidents en fonction de la vitesse, une variation de 1 % de la vitesse moyenne provoquerait une évolution de 2 % des accidents corporels et de 4 % des accidents mortels.

De son côté, la Sécurité routière indique que la distance liée au temps de réaction (1 seconde avant de freiner) passerait de 25 à 22 mètres entre 90 et 80 km/h et que la distance d’arrêt diminuerait de 81 à 64 mètres.

CONTRE L’ABAISSEMENT

Les « anti » évoquent une autre expérience, cette fois-ci danoise. Les autorités du Danemark testent en effet depuis trois ans le passage de 80 à 90 km/h sur certains tronçons du réseau secondaire.

Résultat : la vitesse moyenne est restée quasi-stable à 89 km/h et la mortalité routière a baissé de 13%.

Sur les raisons d’une telle évolution, les spécialistes danois expliquent qu’il y a moins de dépassements dangereux entre ceux qui respectent la vitesse et ceux qui ne la respectent pas mais surtout une amélioration de l’infrastructure.
En effet, la mesure a été accompagnée de pose de glissières, de chaussées refaites ainsi qu’un nouveau marquage au sol, avec entre autre des bandes sonores de vigilance sur le côté.

LA VITESSE : LE SEUL LEVIER ?

Certes la vitesse est un facteur aggravant, quelques kilomètres/heure de plus lors d’un choc peuvent faire passer un accident de corporel léger à grave ou mortel, mais d’autres éléments sont souvent en cause, un accident étant souvent multifactoriel.